Des indices sur le « brouillard de cerveau » (brain fog) trouvés dans le liquide céphalo-rachidien

Blinded Mind

Blinded Mind

Les personnes atteintes de syndrome de fatigue chronique présentent une tendance distincte des protéines du système immunitaire dans leur liquide céphalo-rachidien – une découverte qui pourrait faire la lumière sur le « brouillard de cerveau » (brain fog) qui marque la condition, selon les chercheurs.

Cette nouvelle étude a révélé que, par rapport aux personnes en bonne santé, ceux atteints du syndrome de fatigue chronique ont des niveaux inférieurs de certaines protéines du système immunitaire appelées cytokines dans le liquide qui baigne la moelle épinière et le cerveau.

Une exception apparaît pour une cytokine particulière, avec un niveau supérieur non seulement chez les personnes souffrant de fatigue chronique, mais aussi ceux atteints de la sclérose en plaques.

La découverte pourrait offrir des indices concernant les problèmes de mémoire, de la concentration et de la pensée dont souffre les personnes atteintes du Syndrome de Fatigue Chronique, a déclaré le chercheur principal, le Dr Mady Hornig, professeur à l’École Mailman de l’Université Columbia de la santé publique à New York.

L’étude renforce également l’idée qu’un certain type de dysfonctionnement immunitaire sous-tend la maladie, Hornig dit.

Le Syndrome de Fatigue Chronique est connu médicalement comme encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique, ou EM/SFC (CFS/EM en anglais). Aux États-Unis, il affecterait jusqu’à 2,5 millions de personnes, selon l’Institut de médecine, un comité scientifique qui conseille le gouvernement fédéral.

En Février, l’Institut de la Médecine (Institute Of Medecine) a publié un rapport affirmant que le syndrome de fatigue chronique est une condition médicale légitime, ce que de nombreux professionnels de la santé ont encore du mal à accepter. Certains le considèrent même comme un fruit de l’imagination des patients.

Le terme « syndrome de fatigue chronique » a été inventé en 1988, et avec le recul, c’était un choix « horriblement mauvais », a déclaré Suzanne Vernon, un virologue et directeur scientifique de l’Initiative pour Résoudre le SFC/EM (Solve ME/CFS Initiative), basé à Los Angeles.

« Les gens entendent ça et pensent, ‘Oh, vous êtes fatigué ? Moi aussi je suis fatigué.' » dit Vernon, qui n’a pas participé à l’étude. « Mais c’est une fatigue écrasante. C’est comme avoir une grippe qui ne disparaît jamais. »

De plus, les symptômes vont au-delà de la fatigue, et comprennent un symptôme appelé « brouillard de cerveau » (brain fog) – une collection de problèmes liés à la pensée tels que la confusion et des difficultés de concentration et de mémoire à court terme.

Dans cette nouvelle étude, rapportée le 31 Mars dans la revue Molecular Psychiatry, l’équipe de Hornig a étudié des échantillons de liquide céphalorachidien de 32 personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique, 40 avec la sclérose en plaques, et 19 personnes en bonne santé.

Dans l’ensemble, les chercheurs ont trouvé des niveaux réduits de la plupart des cytokines dans le liquide rachidien des patients atteints du syndrome de fatigue chronique, par rapport aux deux autres groupes. Mais une cytokine, l’éotaxine, avait un niveau supérieur chez les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique et ceux qui ont la sclérose en plaques.

L’importance de cette constatation n’est pas encore claire, selon Hornig. L’éotaxine est impliquée dans les réponses immunitaires à une allergie.

Pour Vernon, les résultats offrent « une preuve supplémentaire qu’il existe des marqueurs [biologiques] clairs pour le SFC/EM. »

« Ces biomarqueurs sont des indications du processus d’une maladie biologique », a déclaré Vernon. En d’autres termes, a-t-elle ajouté, le syndrome de fatigue chronique n’est « pas une maladie imaginaire. »

Pourquoi l’étude a-t-elle inclus des personnes atteintes de sclérose en plaques? Il y a quelques similitudes entre la sclérose en plaques et le syndrome de fatigue chronique, Hornig a expliqué. Les patients atteints de la SEP souffrent de fatigue, et l’on croit que la maladie est causée par une réaction immunitaire anormale – dans ce cas, contre les tissus nerveux de l’organisme.

La cause précise du syndrome de fatigue chronique est loin d’être claire, mais en général, le consensus est qu’il s’agit d’un certain type de dysfonctionnement du système immunitaire, Hornig expliqué.

Dans une étude récente, l’équipe a constaté que chez les personnes qui ont eu le syndrome de fatigue chronique pendant un temps relativement court – moins de trois ans – les taux de cytokines dans le sang sont effectivement supérieurs à la normale. Ces taux sembleraient cependant baisser chez les personnes qui ont eu la maladie pendant une période plus longue.

Les personnes dans l’étude en question ont eu le syndrome de fatigue chronique depuis environ sept ans. Ainsi, les niveaux relativement faibles de cytokines dans leur liquide céphalo-rachidien « correspondent » à ce qui a été vu dans l’étude précédente, dit Hornig.

« Je pense que ce que nous observons est un épuisement du système immunitaire au fil du temps« , a spéculé Hornig.

La théorie est que le système immunitaire pourrait d’abord réagir de manière trop intense contre un envahisseur – comme un virus – puis serait incapable de réduire son intensité, Hornig a expliqué. Cela pourrait expliquer les taux de cytokines élevés chez les personnes qui ont eu le syndrome de fatigue chronique pendant une courte période.

Au fil du temps, cependant, le système immunitaire pourrait essentiellement s’épuiser, ce qui conduirait à des réponses faibles face à des infections bénignes qu’un système immunitaire sain saurait facilement gérer, Hornig a suggéré.

Un espoir, dit Hornig, est que ces résultats pourraient mener à des tests objectifs pour diagnostiquer le syndrome de fatigue chronique précoce.

Un critère objectif, comme un test sanguin mesurant cytokines, serait le bienvenu, dit Vernon. En ce moment, elle note, les gens attendent souvent des années pour un diagnostic, qui est basé sur les symptômes.

La compréhension de la biologie de la maladie pourrait également conduire à des traitements, Hornig dit.

« Nous ne pouvons pas promettre que cette étude va se traduire par des traitements mise à disposition à court terme, » dit-elle. « Mais nous espérons commencer à donner quelques outils aux équipes médicales. »

http://www.webmd.com/chronic-fatigue-sy … uid?page=3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *