Une étude supplémentaire montrerait des changements dans le phénotype des lymphocytes B chez les patients atteints de SFC/EM

lymphocytes B

Une nouvelle étude publiée le 22/02/2016 réalisée sur 38 patients canadiens montrerait des changements dans le phénotype des Lymphocyte B chez les patients atteints de SFC/EM.

Les lymphocytes B, ou cellules B, sont des lymphocytes qui ont pour rôle de fabriquer des immunoglobulines appelées anticorps : ils sont donc responsables de l’immunité humorale. Pour être actifs, leurs anticorps de membrane doivent se lier directement à unantigène (sans passer par une cellule présentatrice d’antigène) pour lequel ils sont spécifiques, afin qu’ils se différencient en plasmocytes. Ces lymphocytes possèdent bien plus de vésicules de Golgi, qui permettent de fabriquer des anticorps en masse, afin de neutraliser efficacement les antigènes. Les plasmocytes sont donc des lymphocytes B activés et capables de produire des anticorps dirigés contre l’antigène activateur.

Traduction (approximative étant donné la complexité du jargon médical) du résumé de l’étude :

L’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique (SFC/EM) est une condition hétérogène à l’étiologie inconnue caractérisée par des symptômes multiples incluant la fatigue, des malaises post-exercionels et des déficiences cognitives, durant au minimum 6 mois. Récemment, deux études cliniques concernant une thérapie par épuisement des cellules B par le Rituximab (anti-CD20) ont reporté des améliorations convaincantes des symptômes. Un rôle possible mais non défini des cellules B a donc été proposé. Des études sur le pourcentage relatif des sous-ensembles de cellules B chez les patients atteints de SFC/EM n’ont pas révélé de différences reproductibles par rapport aux contrôles saints. Afin d’observer s’il existe des altérations plus subtiles dans les sous-ensembles de cellules B en relation avec la différentiation des cellules B chez les patients atteint de SFC/EM, nous avons utilisé la cytométrie en flux pour les cellules B d’immunophénotype CD19+. Le panel a utilisé l’immunoglobuline (lg)D, CD27 et CD38 (sous-ensembles classiques de cellules B) avec des marqueurs additionels. Un total de 38 patients remplissants les critères – Canadien, critères du CDC et critères de Fukuda, age 32, et sexe appariés aux contrôles saints ont été inclus. Nous n’avons trouvé aucune différence dans les pourcentages de sous-ensembles classiques entre les patients atteints de SFC/EM et les contrôles saints. Cependant, nous avons observé une augmentation de la fréquence (P < 0.01) et de l’expression (MFI; P = 0.03) de CD24 sur le total de cellules B, confinée aux sous-ensembles lgD+. Dans les sous-ensembles de mémoires, une fréquence plus importante de CD21+CD38- cellules B (>20%) a été associciée à la présence de SFC/EM [rapport de cotes: 3.47 (1.15-10.46); P = 0.03] en comparaison avec les contrôles saints, avec une corrélation négative avec la durée de la maladie. En conclusion, nous avons identifié des changements possibles dans le phénotype des cellules B chez les patients atteints de Syndrome de Fatigue Chronique/Encéphalomyélite Myalgique. Ces changements peuvent refléter une alteration du fonctionnement des cellules B et, si les résultats sont confirmés chez d’autres cohortes de patients, pourraient apporter une plateforme pour des études basées sur le parcours clinique ou l’efficacité de la thérapie par Rituximab.

 

Cette étude renforce une fois de plus l’hypothèse de changements immunitaires importants chez les patients atteints de SFC/EM

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