Qualité de vie, thyroïde et thérapies alternatives – Un point sur l’actualité de l’EM/SFC

Ces dernières semaines ont été riches en actualités pour l’Encéphalomyélite Myalgique / Syndrome de Fatigue Chronique, avec notamment la publication de plusieurs études majeures.

 

Nouvelle étude de la qualité de vie des patients atteints d’EM/SFC

Plusieurs études soulignaient déjà l’impact important de l’EM/SFC sur la qualité de vie des patients. Une nouvelle étude publiée dans le journal PharmacoEconomics ajoute à ce constat en comparant la qualité de vie de patients atteints d’EM/SFC, d’autres atteints de sclérose en plaques, et de contrôles sains (52 pour chaque groupe).

Les données ont été obtenues dans le cadre du projet UK ME/CFS Biobank à Londres, une banque d’échantillons de patients atteints d’EM/SFC, et incluaient des échantillons sanguins et des résultats au questionnaire SF-36v2.

Les chercheurs concluent que les patients atteints d’EM/SFC sont “mesurablement plus invalides” que ceux atteints de sclérose en plaques, travaillent moins d’heures et ont des revenus plus faibles.

Le rapport souligne que “les personnes atteintes d’EM/SFC continuent à lutter pour voir leur condition reconnue comme invalidante, faisant face à un préjudice et une discrimination du public et des professionnels.”

Caroline Kingdon, coordinatrice du projet ME/CFS Biobank et auteure principale du papier, remarque :

“Il est impossible de visiter les personnes sévèrement affectées par l’EM/SFC chez elles ou de rencontrer celles qui sont modérément affectées – ce que j’ai eu le privilège de pouvoir faire – sans reconnaître l’injustice inhérente dans un système qui échoue souvent à reconnaître l’existence de la maladie ou de l’invalidité qu’elle cause.”

“J’espère que ce papier va aider à valider les expériences des personnes atteintes d’EM/SFC. Peu d’autres maladies sont autant stigmatisées.”

Plus de lecture sur le sujet :

L’étude (en anglais)

Communiqué de presse de l’association anglaise ME Association (en anglais)

 

Une étude pointe vers des taux d’hormones thyroïdiennes faibles chez les patients

Une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Endocrinology pointe vers un lien entre l’EM/SFC et des taux faibles de plusieurs hormones thyroïdiennes. La présence éventuelle d’un chevauchement entre certains symptômes de l’EM/SFC et l’hypothyroïdisme est régulièrement mentionnée dans la recherche sur la maladie. Dans l’hypothyroïdisme, le corps tente d’encourager l’activité des hormones thyroïdiennes en libérant plus d’hormones stimulant la thyroïde. Cependant, ce n’est pas le cas chez les patients atteints d’EM/SFC.

Dans cette étude menée par le Dr. Begoña Ruiz-Núñez à l’université de Groningen aux Pays-Bas, les chercheurs ont comparé la fonction thyroïdienne et des marqueurs d’inflammation sur 98 patients atteints d’EM/SFC et 99 contrôles sains. Les patients présentaient des niveaux plus faibles dans le sérum sanguin de certaines hormones thyroïdiennes importantes comme la triiodothyronine (T3) et la thyroxine (T4), mais présentaient des niveaux normaux pour les hormones stimulatrices de la thyroïde.

Les patients présentaient également des mesures plus faibles de iodine urinaire et une inflammation chronique, ce qui relie leurs symptômes à ceux de l’hypothyroïdisme. Ces patients, cependant, présentaient des niveaux plus élevés d’une autre hormone thyroïdienne appelée “reverse T3” ou rT3. Ce constat semble être le résultat d’un changement dans la production d’hormones, le corps préférant convertir les T4 en rT3 plutôt que de produire des hormones T3. Les niveaux faibles d’hormone T3 présentés par les patients couplés à ce changement favorisant la production d’hormones rT3 pourrait avoir pour conséquence des taux très réduits d’hormones T3 dans les tissus.

“Un des éléments clés de notre étude est que nos observations ont persisté face à deux analyses de sensibilité pour vérifier la puissance de l’association entre l’EM/SFC, les paramètres thyroïdiens et l’inflammation,” selon le Dr. Ruiz-Núñez. “Cela renforce nos résultats de manière considérable.”

Plus de lecture sur le sujet :

L’étude (en anglais)

Article sur le site Sputnik France

Article sur le site Pourquoi Docteur ?

Article sur le site Science Alert (en anglais)

Article sur le site Science Daily (en anglais)

Communiqué de presse de l’association Anglaise ME Association (en anglais)

 

L’appel de 124 professionnels de la santé contre les «médecines alternatives»

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, 124 professionnels de la santé alertent sur les promesses fantaisistes et l’efficacité non prouvée des médecines alternatives en France.

Présentant ces disciplines comme “sans aucun fondement scientifique”, « nourries par des charlatans » et « basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse », le collectif de médecins dénonce également le coût important pour la société, déplorant notamment le fait que l’homéopathie soit partiellement remboursée en France.

Les auteurs de cette tribune jugent “dangereuses” les thérapies “alternatives”, car “elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population”, installent une “défiance” vis-à-vis de la médecine “conventionnelle”, et “retardent les diagnostics”.

« L’ordre des médecins tolère des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie et les pouvoirs publics organisent, voire participent, au financement de certaines de ces pratiques ».

Le collectif a lancé par la même occasion une pétition – qui à l’heure où j’écris ces lignes a dépassé les 1000 signataires – demandant au gouvernement de mettre en place plusieurs mesures :

  • Ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir.
  • Ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d’homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales.
  • Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.
  • Ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse.
  • Encourager les démarches d’information sur la nature des thérapies alternatives, leurs effets délétères, et leur efficacité réelle.
  • Exiger de l’ensemble des soignants qu’ils respectent la déontologie de leur profession, en refusant de donner des traitements inutiles ou inefficaces, en proposant des soins en accord avec les recommandations des sociétés savantes et les données les plus récentes de la science, en faisant preuve de pédagogie et d’honnêteté envers leurs patients et en proposant une écoute bienveillante.

 

Plus de lecture sur le sujet :

La tribune dans le Figaro (abonnement nécessaire)

Fake Médecine – Site du collectif de médecins

Article sur Science et Avenir

Article sur France Info

Article sur le Huffington Post

 

Le PACE Trial de nouveau sous le feu des critiques

La publication d’un nouveau papier ré-analysant les données du PACE Trial a ravivé la controverse autour de cet essai clinique ayant coûté près de 5 millions de £ en Angleterre. Dans ce papier publié dans la revue BMC Psychology, l’auteure principale Dr. Carolyn Wilshire souligne des failles méthodologiques importantes, et l’absence totale de bénéfices sur le long terme, y compris sur les mesures subjectives rapportées par les patients.

“La thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie par exercice graduel n’ont aucun bénéfice à long terme. Les patients recevant une prise en charge médicale classique sont dans le même état.”

Le papier (en anglais)

Article sur le site BBC (en anglais)

Article sur le site The Times (en anglais)

 

Un commentaire sur “Qualité de vie, thyroïde et thérapies alternatives – Un point sur l’actualité de l’EM/SFC

  1. slt,
    juste pour info, la news sur l’hypothyroidie est reprise par plein de médias sur internet mais elle est assez loin de la réalité de l’étude…..Quand on lit l’etude complete, la prévalence de ce trouble n’est en fait que de 16% des sfc…. (et de 7 chez les controles; pas énorme comme écart)
    « Sixteen (16%) CFS patients exhibited the “low T3 syndrome” as compared to seven (7%) controls »
    Donc à priori, juste un sous groupe de sfc. Quand on lit les news, ça laisse croire que tous les sfc sont hypothyroidiens.

    l’avis d’un endocrinologue sur cette étude: (pour lui ça n’apporte rien; les écart entre les sfc et les controles ne sont pas significatifs)
    https://www.medscape.com/viewarticle/894601#vp_2

    cdlt

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